#112 - Du 14 octobre au 05 novembre 2008

Actu Entretiens Zoom Portraits Extraits

  Le D´┐Żcembre pour Zone  
  Cusset , Goncourt des lyc´┐Żens  
  Renaudot pour Mon´┐Żnembo  
  Goncourt pour Rahimi, la P.O.L position  
  Le Flore pour Garcia  
  Mort de l'´┐Żcrivain am´┐Żricain Michael Crichton  
  Femina et Medicis: c´┐Żt´┐Ż ´┐Żtrangers  
  Melnitz et Vollmann meilleurs ´┐Żtrangers  
  Blas de Robl´┐Żs M´┐Żdicis´┐Ż  
  Chateaureynaud a de l'Imaginaire  

inscription
d´┐Żsinscription
 
Les avenirs, de Hafid Aggoune

 Les avenirs
Hafid Aggoune
Farrago
Prix éditeur
15.00 euros

Novembre 1942. Un train emporte vers la mort Margot, le grand amour de Pierre. De ce jour, l´┐Żadolescent abandonne la vie. Soixante ans plus tard, un ´┐Żv´┐Żnement impr´┐Żvu le r´┐Żveille soudain au monde : Pierre trouvera en l´┐Ż´┐Żcriture du pass´┐Ż la voie d´┐Żun salut improbable. Les Avenirs ou le bouleversant itin´┐Żraire d´┐Żun voyageur immobile.

´┐Ż Un jour, j´┐Żavais 17 ans, j´┐Żai disparu de moi ´┐Ż. Les premiers mot des Avenirs ´┐Żclatent d´┐Żembl´┐Że, r´┐Żsonnent imm´┐Żdiatement ´┐Ż l´┐Żesprit, laissant pr´┐Żsager la troublante beaut´┐Ż du vide existentiel telle qu´┐Żelle va surgir de ce r´┐Żcit ´┐Żtonnant. Disparition au sens propre, ne survivra que le corps.

L´┐Żabsence de soi
De novembre 1942 ´┐Ż septembre 2001, Pierre est intern´┐Ż ´┐Ż la clinique psychiatrique de l´┐Ż´┐Żle de Luz. Il y vivra hors des autres et de lui-m´┐Żme, muet et immobile, assis sur un banc qu´┐Żil croit ´┐Żtre celui d´┐Żune gare, attendant un train sans retour, le sourire d´┐Żun visage perdu.
´┐Ż Avec le temps, j´┐Żai disparu et mon corps est rest´┐Ż seul ´┐Ż attendre. J´┐Żen avais oubli´┐Ż la raison. Sur mon banc, seule une partie de moi, secr´┐Żte, observait les couleurs du ciel et ses changements infinis. (´┐Ż) J´┐Ż´┐Żtais une vie suspendue ´┐Ż rien ´┐Ż. Le temps passe.
Un jour pourtant, un ´┐Żv´┐Żnement va bouleverser cet ´┐Żtre sans consistance, marquant d´┐Żfinitivement ´┐Ż la fin de l´┐Żexil int´┐Żrieur ´┐Ż.

Peindre l´┐Żinvisible
A l´┐Żimage d´┐Żun style tout en nuances, aux mots limpides et forts, aux phrases courtes percutantes, ou au contraire lentement d´┐Żli´┐Żes comme suivant une ligne imperceptible, le r´┐Żcit s´┐Żimpr´┐Żgne d´┐Żun univers pictural omnipr´┐Żsent. Margot ´┐Żtait peintre. Ses toiles sont les seules traces qu´┐Żelle ait laiss´┐Żes et Pierre ne l´┐Ża pas oubli´┐Ż. D´┐Żs son premier jour ´┐Ż la clinique, il remarque l´┐Ż´┐Żtrange manie d´┐Żun r´┐Żsident : ´┐Ż Mon ´┐Żil ´┐Żtait attir´┐Ż par les mouvements infatigables de cette main l´┐Żg´┐Żre et gracieuse. (´┐Ż) Il peint dans le vide et je le regarde faire. Il n´┐Ża rien dans la main et rien devant lui. (´┐Ż) L´┐Ż´┐Żpier devient une obsession et ma seule raison de vivre. Dans cette qu´┐Żte d´┐Żobjets sans corps, faits de gestes purs et de silence, au del´┐Ż de la r´┐Żtine, je survis. ´┐Ż
Cette main magique ´┐Ż laquelle est suspendue la vie de Pierre interrompt brutalement son mouvement le 11 septembre 2001. Le suicide du peintre sera le signe de la renaissance pour Pierre.

Esquisse du rien
Il fallait vraiment une v´┐Żritable force d´┐Ż´┐Żcriture pour int´┐Żresser un lecteur ´┐Ż une histoire apparemment fond´┐Że sur le rien, ´┐Ż un r´┐Żcit consacr´┐Ż au vide. Non seulement Hafid Aggoune poss´┐Żde ce talent, mais surtout le vide qu´┐Żil d´┐Żcrit est infiniment riche. Il tisse ici avec d´┐Żlicatesse les fils tenus d´┐Żune existence en creux, faite d´┐Żattente vaine et de souvenirs ind´┐Żpassables.
Hors la vie, Pierre a surv´┐Żcu accroch´┐Ż au pinceau invisible d´┐Żun peintre imaginaire, lien immuable d´┐Żun pass´┐Ż douloureux. Chaque description de ses contemplations est un pur bonheur de lecture, tant les mots sont expressifs, saisissant avec justesse les mouvements inscrits sur la toile. De retour au monde ´┐Ż 76 ans, Pierre raconte son histoire, son existence transcend´┐Że par l´┐Ż´┐Żcriture : ´┐Ż J´┐Ż´┐Żcris la fin de l´┐Żinexistence, le d´┐Żbut du monde. La vie me revient mot ´┐Ż mot, d´┐Żcharn´┐Że, presque s´┐Żche. Chaque lettre est un soleil noir creus´┐Ż dans la lumi´┐Żre. (´┐Ż) L´┐Ż´┐Żcriture me rend le corps d´┐Żlaiss´┐Ż. La page m´┐Żoffre la demeure. (´┐Ż) J´┐Ż´┐Żcris, je me redonne vie. L´┐Ż´┐Żcriture est mon nouveau visage. ´┐Ż
Au terme de ces incessants aller-retours entre pass´┐Ż et pr´┐Żsent, de ce voyage au c´┐Żur d´┐Żun ´┐Żtre bris´┐Ż, empli d´┐Żimages devenant enfin des mots salvateurs, une seule envie : remercier Hafid Aggoune pour ce beau cadeau litt´┐Żraire.

Ma´┐Ża Gabily



 
B´┐Żtes sans patrie
Uzodinma Iweala 
Sans elle
Alma Brami 
Crack
Tristan Jordis 
Son absence
Justine AUGIER 
Tribus modernes
J´┐Żr´┐Żme Baccelli 
Mill´┐Żnaire ´┐Ż Belgrade
Vladimir Pistalo 
Une jolie fille rien que pour moi
Aur´┐Żlie Antolini 
Festino ! Festino !
Elodie Issartel 
La porte des Enfers
Laurent Gaud´┐Ż 
Jerusalem
Gon´┐Żalo M. Tavares 
Lacrimosa
R´┐Żgis Jauffret 
H´┐Żros, personnages et magiciens
Vincent Ravalec 
L´┐Ż o´┐Ż vous ne serez pas
Horacio Castellanos Moya 
Crossfire
Miyuki Miyabe 
Keith Me
Amanda Sthers 
  ARCHIVES
 
contact | © 2000-2008  Zone littéraire |