Les brèves de Zone
Comme chaque année, le Salon du livre de Paris, qui se tiendra à la Porte de Versailles du 16 au 19 mars, met un pays à l'honneur. Cette année: le Japon, invité pour la deuxième fois. Près d'un an après la catastrophe de Fukushima, sa culture sera ainsi mise à l'honneur en la présence de 22 auteurs, tous genres confondus: essayistes, poètes, romanciers et mangakas présenteront leur travail et débattront au cours de différentes tables rondes.
Seront ainsi présents
Hiroki Azuma, philosophe et essayiste
Kaori Ekuni romancière
Hideo Furukawa, romancier
Taro Gomi, auteur jeunesse
Moto Hagio, mankaka
Keiichiro Hirano, romancier
Toshiyuki Horie, romancier
Mitsuyo Kabuta, romancierSatoshi Kamata, journaliste et essayiste
Kunio Kato, auteur jeunesse
Katsumu Komagata, auteur jeunesse
Madoka Mayuzumi, poète
Takashi Nagasaki, mangaka
Taku Nishimura, mangaka
Kenzaburo Oe, romancier, prix Nobel de littérature 1994
Ryoko Sekiguchi, poète
Masahiko Shimada, romancier
Yoko Tawada, romancière
Hitonari Tsuji, chanteur et romancier
Risa Wataya, romancière
Mari Yamazaki, mangaka
Gozo Yoshimasu, poète
Lucia Etxebarria, auteur espagnole multiprimée en son pays et dont les ouvrages se vendent par milliers d'exemplaires à l'étranger, vient d'annoncer qu'elle renoncerait à l'écriture pour protester contre le piratage en perpétuelle augmentation de ses oeuvres. Constatant que le nombre d'exemplaires de ses livres téléchargés illégalement dépassaient le nombre de ceux effectivement vendus, elle a déclaré qu'elle allait se mettre en quête d'un nouveau travail. Une façon d'attirer l'attention sur l'inaction du gouvernement espagnol qui tarde à légiférer sur la question du piratage des oeuvres sur Internet. Une initiative qui fait toutefois grincer des dents nombre d'écrivains moins renommés et moins bien dotés financièrement, trouvant indécente une telle déclaration de la part de la récipiendaire du prix Planeta en 2004 (doté de 400.000 Euros) et du prix Nadal (doté de 200.000 Euros. L'une d'entre elles, Kelly Sanchez, rappelle que la littérature n'est pas une entreprise à but lucratif mais une passion et estime que si Lucia Etxebarria avait une réelle vocation elle n'arrêterait pas d'écrire...
Source: The Guardian
Créé l'hiver dernier à l'initiative de Pierre Leroy, le secrétaire général de Lagardère (qui avait dû pour l'occasion quitter le jury du prix Medicis dont il faisait alors partie, sa présence étant jugée "incompatible"avec la présidence d'un tel prix), le prix des prix littéraires vient de récompenser Limonov. Emmanuel Carrère est ainsi le premier lauréat de ce prix visant à récompenser le meilleur ouvrage primé par les huit grands prix littéraires de fin d'année : Académie Française, Décembre, Femina, Flore, Goncourt, Interallié, Medicis, Renaudot. En l'occurrence cette année, le Renaudot. Tant mieux pour Carrère. A voir toutefois si la littérature sort gagnante d'une telle inflation du nombre de prix, déplaçant la compétition non plus tant entre les écrivains mais entre les jurys et leurs membres...
Marc-Edourd Nabe a encore frappé. Dans son dernier roman auto-édité L'enculé, le scandaleux aborde l'affaire Dominique Strauss-Kahn par le bout dégueulasse de la lorgnette, en mettant en scène l'ex-directeur du FMI en pleine action. Vu le passif de l'écrivain, la question juive est évidemment sur le tapis à travers l'analyse du couple Sinclair / Strauss-Kahn. Plein de sexe cru, plein de gros mots... mauvaise réputation assurée et une polémique à venir.
Pour les amateurs, notre interview de Marc-Edouard Nabe
Pour les curieux, le site de Marc-Edouard Nabe
Le Prix du style (en partenariat singulier avec Disneyland Paris et l’association Europe francophile) a été décerné hier soir dans le Salon Pourpre du Palais du Luxembourg à Véronique Bizot pour Un avenir paru aux éditions Actes Sud. Ce roman étrange dans lequel la robinetterie d’une maison est au centre d’une histoire familiale est le deuxième roman de Véronique Bizot, par ailleurs auteur de deux recueils de nouvelles (Les Sangliers, Stock, 2005, prix Renaissance de la nouvelle 2006, et Les Jardiniers, Actes Sud, 2008). Le Prix du style couronnait pour la septième fois « un ouvrage d’expression française pour sa qualité stylistique, écrit par un auteur vivant et publié dans l’année écoulée. »
Le gang des barbares rapporte à Morgan Sportès un prix Interalliés mérité pour son roman Tout, tout de suite (Ed. Fayard) sur ce fait divers qui avait défrayé les chroniques en 2006. il a remporté ce prix destiné aux journalistes romanciers devant Simon Liberati, dont le Jayne Mansfield, 1967 a déjà été honoré d'un Femina. Les deux romans ont d'ailleurs beaucoup en commun : tous deux sont des non fiction novels, comme aime à appeler les Américains ce genre littéraire fait de faits bruts ramassés dans une narration. Les plus célèbres exemples du genre étant De sang froid, de Truman Capote. Le début d'un genre dans l'Hexagone ?
ils étaient douze. Ils avaient publié dans le courant de l'année 2011, à la rentrée littéraire mais pas forcément. Toujours dans un souci de "défendre un point de vue sur la littérature qui place haut l’aventure verbale", les membres du jury du prix Wepler les ont lus et ont récompensé Les découvertes d'Eric Laurrent (Minuit) et attribué une mention spéciale à Solène de François Dominique (Verdier).
Un palmarès qui clôt la saison des prix littéraires. En attendant la rentrée de janvier...
Le jeune prodige de la rentrée littéraire Marien Defalvard, 19 ans au compteur, remporte le prix de Flore avec son premier roman Du temps qu'on existait (ed. Grasset) ; une oeuvre écrite il y a déjà trois ans ! Salué par la critique, il remporte cette distinction au deuxième tour par 8 voix contre 12. Ce prix, qui tire son nom du célèbre café niché au coeur de Saint-Germain-des-Prés, a été créé en 1994 et récompense l'originalité, la modernité... et la jeunesse. Sur ce dernier point au moins, le contrat a été rempli.