#113 - Du 15 novembre au 08 d´┐Żcembre 2008

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Stratosph´┐Żrique

 Cartographie des nuages
David Mitchell
L'Olivier
Prix éditeur
23.00 euros

David Mitchell a 38 ans, il vit en Irlande avec sa femme et ses deux enfants. Il est ´┐Żcrivain. Particularit´┐Ż : produit des chefs d´┐Ż´┐Żuvres.

Quand les ´┐Żcrivains tricotent des fils narratifs, le r´┐Żsultat ressemble plus d´┐Żhabitude ´┐Ż des cordes ´┐Ż n´┐Żuds qu'´┐Ż de la dentelle du Puy. Pas David Mitchell. Les entrelacs sont apparemment une de ses sp´┐Żcialit´┐Żs. Mieux, sous sa plume, elles deviennent un manifeste esth´┐Żtique. Il porte ´┐Ż la perfection cet art du storytelling fait de continuums totalement disjoints : il avait d´┐Żj´┐Ż mis le principe ´┐Ż l´┐Ż´┐Żuvre dans son premier roman Ghostwritten (Ecrits fant´┐Żmes, L´┐ŻOlivier). Cartographie des nuages (Cloud Atlas, en vo) date, lui, de 2004, depuis Mitchell a pouss´┐Ż le principe encore plus loin : son prochain roman, non encore sorti aux USA, narre une histoire japonaise ´┐Ż travers six micro romans ou "novellas", compos´┐Żs chacun de 18 chapitres. Neuf par les yeux de ´┐Ż gaijins ´┐Ż, ´┐Żtrangers, et neuf par des ´┐Ż nihonjins ´┐Ż, nippons. Le proc´┐Żd´┐Ż n´┐Żest n´┐Żanmoins pas une recette : Number9dreams et Black Swann Green, qui seront certainement traduit en France juste un peu avant que la Lune ne s´┐Ż´┐Żcrase sur la Terre, ´┐Żchappent ´┐Ż ce sch´┐Żma.
Si Mitchell n´┐Żaime donc pas faire simple, il ne tombe pas non plus dans l´┐Żamphigourique. Ce qui ne l´┐Żemp´┐Żche pas de chantourner sa narration comme un maitre verrier. Et plut´┐Żt que de servir une quelconque histoire d´┐Żamour, Mitchell se met au service d´┐Żune vision. Ca fiche un peu le tournis, d´┐Żautant que le Poulidor du Booker Prize ´┐Ż deux fois finaliste pour seulement quatre romans au compteur, bon ratio ´┐Ż voit loin et haut. L´┐Żextr´┐Żme intelligence de Mitchell est finalement de ne pas servir un roman ´┐Ż th´┐Żse. On se surprendrait bien ´┐Ż lui baiser les pieds pour ne pas nous avoir resservi le coup de l´┐Żhumanit´┐Ż qui ´┐Ż court ´┐Ż sa perte si on ne fait rien avant qu´┐Żil soit trop tard ´┐Ż, de l´┐Żuchronie frelat´┐Że, de la post-apocalypse postadolescente, de l´┐Żamour plus fort que la mort et tutti quanti. Non. Rien de tout cela dans Cartographie des nuages, et pourtant tout y est. ´┐Ż pleurer de ma´┐Żtrise, de style, de panache. C´┐Żest beau comme un concerto, poignant comme un ayre et ample comme une symphonie.

1+1+1+1+1+1+1=6
On saluera au passage le travail du traducteur qui ne doit plus avoir que deux poils sur la caillou pour avoir traduit le patois Morori ou la pr´┐Żciosit´┐Ż du journal de la travers´┐Że du Pacifique d'Adam Ewing, deux des protagonistes de Cartographie des nuages. Parmi les six novellas qui composent cet Atlas. L´┐Żunivers de Mitchell est ´┐Ż la fois pop et ´┐Żlitiste, h´┐Żt´┐Żroclite et dense : de nombreux personnages communs vont et viennent dans ses romans. Luisa Rey, la pasionaria, Thimoty Cavendish, l´┐Ż´┐Żditeur dessal´┐Ż, pour ne citer qu´┐Żeux, apparaissent dans plusieurs de ses opus. ´┐Ż J´┐Żai appris que le langage est aux exp´┐Żriences humaines ce que la spectrographie est ´┐Ż la lumi´┐Żre : chaque mot porte une infinit´┐Ż de micronuances, une g´┐Żn´┐Żalogie´┐Ż ´┐Ż, a-t-il d´┐Żclar´┐Ż au Washington Post.
Plus que l´┐Żanalogie des poup´┐Żes russes, pas tr´┐Żs satisfaisante dans la mesure o´┐Ż aucune nouvelle ne contient une autre, celle de la lumi´┐Żre s´┐Żimpose d´┐Żelle-m´┐Żme ´┐Ż cette Cartographie des nuages : longueurs d´┐Żondes diff´┐Żrentes, oppos´┐Żes, superpos´┐Żes, polaris´┐Żes pour finalement n´┐Ż´┐Żtre qu´┐Żun rayon de lumi´┐Żre blanche et pure. Pourtant la pyrotechnie stylistique ne rogne jamais la narration, men´┐Że tr´┐Żs strictement. Malgr´┐Ż les apparences, la prose de Mitchell est nou´┐Że de quelques principes m´┐Żtaphysiques plut´┐Żt simples mais efficaces, comme la circularit´┐Ż de l´┐ŻHistoire, le rapport au Savoir. Un peu de Nietzsche, par ci, un peu de Jung par l´┐Ż, pour son utilisation des arch´┐Żtypes. Mitchell cite Italo Calvino pour la structure mais aussi Jared Diamond, l´┐Żanthropologue de l´┐Żeschatologie connu en France pour son Effondrement. Et la r´┐Żincarnation´┐Ż Mais rien de new-age, que les cart´┐Żsiens se rassurent. Il aime brouiller les pistes : David Mitchell a ´┐Żt´┐Ż ´┐Żgalement nomin´┐Ż pour le prix N´┐Żbula, un des prix les plus renomm´┐Żs pour... la science-fiction. Inclassable, on vous dit. C´┐Żest peut-´┐Żtre ´┐Ża la litt´┐Żrature.

Laurent Simon



 
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