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29

Avr

2010

Des vachettes et des hommes Imprimer
Écrit par Laurence Bourgeon   
Un homme court. Vêtu d’un simple jogging, il fait de l’autostop sous la pluie battante d’Amsterdam. Que fuit-il ? On le découvre au cours d’un road trip européen qui va le mener bien des kilomètres au Sud. Un itinéraire de vacances qui prend des allures de voyage initiatique où, plus encore que les vachettes, ce sont leurs propres démons que les hommes vont affronter dans ce roman de Jan van Mersbergen.

L’attachement des Néerlandais au voyage en voiture, à défaut de caravane, est bien connu. Dans son quatrième roman (le premier à être traduit en français), Jan van Mersbergen le rappelle une fois de plus. À ceci près tout de même que l’aller-retour auquel il nous convie entre Amsterdam et Pampelune ne relève pas tout à fait des vacances. Pour Richard, le conducteur, elles auraient certainement dû en être. Une semaine à Pampelune sans femme ni enfants, pour se confronter aux vachettes : c’est la plage de liberté qu’il s’accorde une fois par an. En prenant Danny en stop, il compromet, sans le savoir, la dimension « paisible » de ce moment. Car pour ce boxeur brillant qui a décidé de prendre sa retraite au sommet de sa carrière, les choses sont évidemment plus compliquées. Au premier abord, il nous apparaît comme un être seul au monde. Ce n’est que graduellement que son parcours, ses attaches, ses motivations sont reconstituées. Mais une évidence s’impose d’emblée. Danny est en fuite. Si elle peut être la meilleure défense dans certaines situations inextricables, le fait qu’il décide de prendre part au voyage pour aller affronter des bovins dont il n’a aucune expérience n’est pas anodin. Ce ne serait donc pas l’affrontement qu’il fuit. Mais peut-être la compagnie des hommes…

Fuir, là-bas fuir…

Car si le voyage entrepris est indéniablement géographique, il est aussi amplement psychologique. Le dépaysement va de pair avec une entreprise de dévoilement de son passé jusqu’à ce qui l’a conduit à rompre avec son environnement. Bâti et échafaudé autour de flash back - qui sont à la lecture ce que peut être au cinéma le visionnage de certains films, américains notamment, traitant des séquelles psychologiques des soldats de retour de combats, du Vietnam entre autres - , rythment le récit et révèlent la source d’un traumatisme évident. Mais la force de ce roman tient justement à ce qu’il n’est pas naïvement psychologisant. Aucune explication évidente, aucun discours lourdement assené n’est délivré. La destination – Pampelune - n’a pas tant d’importance que les étapes qui y mènent. Les espaces intermédiaires et interlopes concrétisés par les aires d’autoroutes, lieux de passages, ou s’exacerbe une certaine mysogynie, constituent autant de lueurs dans la compréhension d’eux-mêmes pour les protagonistes et de clefs de lecture vers une résolution dramatique. Aussi l’exercice courant consistant à catégoriser à tout prix le livre que l’on tient entre les mains est-il particulièrement ardu dans le cas de Demain, à Pampelune qui tient autant du roman psychologique que du polar ou de l’étude mœurs. Et c’est tant mieux. Car on peut ne pas être fanatique ou amateur de boxe ni de tauromachie, on ne saurait détourner le regard de ces hommes dont la force et l’indépendance n’est qu’apparente. Détrônant le boxeur de son piédestal de colosse et brisant la carapace autoritaire du père de famille, Jan van Mersbergen révèle autant la part animale tapie en chacun de nous, prête à ressurgir plus souvent qu’on ne le soupçonne, que la fragilité profonde de l’être humain. Encore faut-il aussi, dans cet univers de testostérone et d’adrénaline, chercher la femme, comme on le dit souvent. Car elle n’est pas exclue de cette violence latente du quotidien dont il est ici subtilement question, au fil d’un parcours qui, sans morbidité, prend la forme d’un étrange jeu de fascination avec la mort. Qui n’est qu’une facette de la vie…

Demain, à Pampelune
Jan van Mersbergen
Traduit du néerlandais par Anne-Lucie Voorhoeve
Ed. Gallimard
206 pages - 17,90 €









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