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Des mots et des images, part 5


Parmi les images marquantes en cette fin d�ann�e 2002, il y aura eu les aveux de Renaud sur France 2, dans un documentaire sobre et poignant. Notre soci�t� est � son image : elle accuse des bassesses mais veut garder la t�te haute, claire et digne. Pas toujours facile d��tre philosophe, mais on essaye, et c�est d�j� �a.
La philosophie, �tymologiquement parlant, signifie l�amour de la sagesse. Cependant il n�est plus vraiment question d�amour ici-bas, et encore moins de sagesse quand on regarde de pr�s la t�l�vision, symbiose de l�image et du mot qui s�affrontent encore au d�triment d�une v�rit� essentielle, celle du bon sens. Que retenir des vraies catastrophes ass�n�es � chaque �dition du JT, et des espoirs fauss�s qui brillent dans les yeux des candidats chanteurs, qu�ils soient Pop ou Acad�miciens ? Nous sommes dans l��re du sensationnalisme, mais la sensation ne fait plus vraiment sens.
La sagesse serait de retrouver l�amour. L�amour de ce qu�on fait, et l�amour transmis dans nos gestes, toujours cr�ateurs. Toute cr�ation artistique a une histoire, est une histoire. Et une histoire n�cessite de l�amour, et l�amour du d�sir. Mais il y a de moins en moins de d�sir. Plut�t de l�envie, qui emp�che les mots de dire ce qu�ils ont � dire par-del� notre volont� pour atteindre une sagesse collective, et les restreint � leur premier sens qui n�a aucun �tat second � offrir. Il serait juste, pourtant, de rendre en labeur toute la richesse que le verbe peut prodiguer. C�est pourquoi les mots demandent du travail, ils veulent agir, sur nous, envers et pour nous. Mais les bouches et les mains restent muettes dans l�inertie de leurs inepties. Elles croient dire des choses mais elles ne font que s�exprimer dans une articulation m�canique, command�e par des r�flexes acquis par l�absorption massive d�images verbeuses que nous vend notre �poque.
Le verbe est loin de provoquer des images d�sormais, des images palpables pour nos sens intimes, des images faites chair, inestimables, et de ce fait plus pr�cieuses que tout. Et le livre doit permettre au verbe de se faire chair. Le papier en est une qui se m�rite, et la page une peau d�sirable. La lecture est une rencontre de corps, le corps du texte avec le n�tre. Car nous lisons non seulement avec l�intelligence de notre esprit, mais aussi avec celle de notre corps. Cette derni�re est de moins en moins sollicit�e : qui se doute que le corps a son intelligence ? Elle dispara�t peu � peu de nos habitudes t�l�command�es par le spectre des �crans projetant plus d�ombres que de lumi�re sur nos consciences. Puisque nous avons plusieurs consciences, dont celle de l�intuition, encr�e au c�ur de notre for int�rieur, l� o� l�ego n�est pas ha�ssable, mais reconnaissable par sa racine d��panouissement. Nous n�avons pas seulement une �me dans un corps, nous avons surtout un corps dans une �me, comme l�affirme Melvin Morse, auteur de La divine connexion(Editions Le Jardin des Livres).
Les images ont moins en moins de sens � donner, leur avarice est un poison qui veut nous prendre � son pi�ge. Les mots aussi ont un go�t de poison, surtout ceux qui cherchent � avoir un prix.
Alors que cr�er, c�est s�avouer, quels que soient le lieu ou la formule. La seule gratuit� du langage est celle de cet abandon de soi aux autres, et s�il a un prix, celui-ci d�passe notre entendement, car son nombre est � la fois compos� d�absolu et d��vidence, de c�cit� et de vision. Ce prix est celui de notre vie et de notre mort conjugu�es, afin que les verbes se d�clinent au pr�sent de notre prudence, o� la voix de D�dale nous enjoint � lire notre labyrinthe avant d�y p�n�trer, afin de trouver les mots visibles et invisibles qui traceront le chemin sous notre pas plus alerte, m�me si des impasses nous attendent au tournant de nos d�cisions parfois. Rebrousser chemin est juste une question de temps, mais �crire son chemin est une question d�espace. Ne plus penser au temps mais songer � l�espace. Tenir compte du lieu, et de son g�nie. Le temps n�est que de passage, le lieu reste. Les images demeurent en notre m�moire aussi, tout comme certains mots. Mais quelles images, quels mots pour construire nos vies ? Quels programmes de t�l� regarder, quels livres aborder ? Qui nous veut du bien ? Qui veut le bien ? Et qu�est-ce que le bien ? S�n�que pourrait nous r�pondre, mais qui aurait l�id�e de lire les propos de ce philosophe ? France Gall, contre toute attente. En d�cembre, dans une �mission o� elle �voque sa vie et ses �preuves, elle conclut en citant les Consolations de S�n�que. Incroyable, mais vrai. Allons-nous vers un nouveau si�cle o� la consolation r�gnera encore, apr�s coup ? A nous de voir, et d�agir.
Richard Dalla Rosa



 
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