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16

Jan

2006

La peau trop fine
Écrit par Charles Patin O'Coohoon   
Après Chronique de l’oiseau à ressort et les
Amants du Spoutnik
, c’est un nouveau monde, toujours un
peu plus fantastique, hypnotique aussi, que nous livre Haruki
Murakami, qui dit-on ici et là ferait un excellent prix Nobel…


Ce n’est pas l’histoire d’un praguois posté devant la mer. Non
c’est l’histoire de Kafka qui cherche sa mère. D’ailleurs n’est de
kafkaïen que le nom du narrateur. Kafka Tamura, 15 ans, fuit.
Une fugue pour échapper à une malédiction et retrouver sa
mère. Une terrible prophétie œdipienne orchestrée par son
père. Fuir le parricide, éviter l’inceste, tel est la quête du jeune
Tokyoïte. " J'ai pensé que l'anniversaire de mes quinze ans
était le jour idéal pour m'enfuir. Avant c'était trop tôt, et après, il
sera peut-être trop tard. J'ai passé les deux dernières années,
mes années de collège, à m'entraîner en vue de cette
fugue."

Sur l’autre rive, un vieil homme, Nakata, unique victime d’un
mystérieux coma qui a frappé un groupe d’enfant après la
guerre et lui a fait perdre ses possibilité intellectuelles. Un
simple d’esprit, un idiot qui parle aux chats. Mais on a beaucoup
à apprendre de l’idiot. N’est-ce pas Dost… Il se met en chemin
poussé par une force obscure. Énigmatique il ne communique
pas avec les humains. Alors il parle aux chats, d’abord du temps
qu’il fait, puis des leçons venues du Ciel. Ces deux tracés
parallèle finissent par se couper, bercé par le songe, l’hypnose
et la magie de Murakami.

Les sentiers de la perdition

En chemin on croise tour à tour Johnie Walker, botte de cuir,
redingote rouge et chapeau haut de forme. Chez Murakami, le
whisky, toujours. On rencontre également le colonel " je suis un
concept abstrait ", qui prend l’apparence d’une icône du
capitalisme (Kentucky Fried Chicken). Chez Murakami,
l’Amérique, toujours. On écoute Coltrane, Schubert, Beethoven.
Chez Murakami, la musique, toujours. Sur la route aussi, une
prostituée fan d’Hegel, des poissons tombés du ciel et des
soldats de la seconde guerre qui n’ont pas vieilli. Dans
l’inconscient le temps n’existe plus. L’urgence de Kafka sur le
rivage réside dans le traitement du destin. La malveillance
s’incarne par la prophétie œdipienne. S’éloigner le plus
possible de la réalité pour finalement se la représenter le mieux.
Mais où trouver refuge quand on est la proie d’une implacable
machine infernale ? Une bibliothèque ? Peut-être.

Tout est métaphore

La différence entre le corps et l’âme tient souvent à pas
grand-chose. Il en est de même chez Murakami. La distance
entre le scénario et le roman est infime dans son écriture.
Nourrie de cinématographie, elle est visuelle. Très. L’écart qui
sépare le songe de la réalité est éphémère. Alors on repose le
livre et l’on songe…L’élégance japonaise d’une écriture où le
ténébreux goût du saké, mêlé au fleurissement des cerisiers
installent Haruki Murakami sur la rive des très grands, et ça
n’est pas Kafka qui démentira.

Charles Patin_O_Coohoon

Kafka sur le rivage
Haruki Murakami
Ed. Belfond
640 p / 23 €
ISBN:
 
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