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26

Sep

2007

Belles étrangères
Écrit par Maïa Gabily   
Elles sont françaises mais leur coeur bat ailleurs. Minh Tran Huy et Ingrid Thobois nous livrent deux premiers romans rafraîchissants.

A chaque rentrée littéraire sa pléthore de premiers romans : sauf phénommène exceptionnel à la Jonathan Littel, difficile de trouver parmi eux celui qui mérite d'être sorti du lot. Cette fois, on ne tranchera pas : La Princesse
et le pêcheur
et Le Roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés sont deux premiers textes de qualité, ayant pour point commun de décrire un double amour,celui pour un homme et celui pour un pays.
La narratrice du Roi d'Afaghanistan... obtient un poste d'enseignante à Kaboul : à son arrivée, elle tombe amoureuse de Nathan, son directeur. Plus âgé qu'elle, c'est surtout un homme marié, père de famille. Chez Minh Tran Huy, l'héroïne s'appelle Lan, elle a 15 ans lorsqu'elle rencontre au cours d'un voyage scolaire un "compatriote" vietnamien, Nam, à peine plus âgé qu'elle. Si
Lan est née en France de parents réfugiés, Nam est lui depuis peu à Paris, il habite dans un foyer d'accueil et vit dans l'espoir de faire venir à son tour sa famille restée là-bas.
Deux pays, deux hommes, deux écritures : car si ces demoiselles ont le même âge - moins de 30 ans - nos auteures situent leurs héroïnes à des phases de maturité bien différentes. Ingrid Thobois écrit la femme amoureuse et blessée, espérante et déçue, passionnée et désillusionnée, tour à tour radieuse et souffreteuse,
rejouant pour nous les accords communs à toutes les relations adultères. Minh Tran Huy s'ancre elle dans la fin de l'adolescence, ce moment où vivre un amour platonique est mieux que de prendre le risque de le perdre en s'y confrontant, ce moment où tout semble possible, ce moment où chaque instant est à la fois unique et déjà perdu : "Mono no aware" nous dit-elle ("l'instant juste passé").
Mais chez ces deux jeunes femmes, avec l'amour vient le pays. L'Afghanistan d'Ingrid Thobois se dessine tout en contrastes : lumineux, coloré, gai, il s'obscurcit devant le "chadri" ("voile")des femmes, éteint la musique qui l'anime au son des bombes des attentats-suicide. Et pourtant, comment ne pas rêver de l'anecdote du courrier ? La narratrice recevra durant deux ans ses lettres adressées à "l'enseignante française, la petite porte bleue, Qalai Fatullah, Kaboul, Afghanistan".
Le Vietnam de Minh Tran Huy est plus lointain, il prend corps dans les récits de sa grand-mère, dans le merveilleux des contes dont se berce l'héroïne depuis son enfance, il existe enfin dans les deux voyages que fera Lan avec sa famille. Ces deux séjours là-bas donneront lieu à des rencontres bouleversantes avec ceux qui sont "restés", ceux qui ont fui la guerre mais pas toujours de la même façon : ainsi des parents de Lan, qui font réaliser à la jeune fille qu'ils ne sont au
fond "ni vietnamiens, ni français... on parle de double culture, de racines transplantées dans un autre sol, d'héritage à conserver tout en s'intégrant, mais on oublie qu'en réalité les êtres nés ici et vivant là ne sont de nulle part".
Même si on a des réserves sur le côté parfois infantil de l'écriture, La princesse et le pêcheur est un roman plaisant, s'efforçant d'évoquer un Vietnam loin des cartes postales et qui interroge avec intelligence la notion d'identité, des origines. Plus adulte, le roman d'Ingrid Thobois lorgne plutôt du côté du récit de voyage, la narratrice racontant les nombreux déplacements qu'elle effectue durant son séjour an Afghanistan, qui sont chaque fois comme autant d'étapes de sa passion amoureuse.
Deux jolis romans à découvrir pour s'aérer l'esprit.

La princesse et le pécheur, Minh Tran Huy, Actes Sud, 18 euros, 186 pages.
Le Roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés, Ingrid Thobois, Phébus, 13,5 euros, 143 pages.

Maïa Gabily



Ed.
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ISBN:









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