#112 - Du 14 octobre au 05 novembre 2008

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Il entrerait dans la l�gende

 Il entrerait dans la l�gende
Louis Skorecki
L�o Scheer
Prix éditeur
17.00 euros

"Notre plainte vise les chefs d'apologie de la p�dophilie, de diffusion de la repr�sentation d'un mineur dans une situation � caract�re pornographique et diffusion d'un message � caract�re violent ou pornographique de nature � porter atteinte � la dignit� humaine susceptible d'�tre vu par un mineur".

Etat des lieux :

La pol�mique amorc�e par la sortie de Rose-Bonbon, de Nicolas Jones-Gorlin chez Gallimard semble aujourd'hui se dissoudre dans un compromis mollasson. Tandis que le ministre de la Culture et de la Communication estime que Rose-Bonbon "n'�tait pas une apologie de la p�dophilie", celui de la famille dit le contraire. Bref, Gallimard reprend la distribution de son bouquin (moindre des choses pour un �diteur que de soutenir un texte qu'il publie !). Il sera vendu sous scell� et joint d'un avertissement. Mais un faux-scandale en pr�figure un autre... Louis Skorecki, journaliste � Lib�, signe un premier roman "incandescent", Il entrerait dans la l�gende, aux Editions L�o Scheer. L'Enfant bleu menace.

De quoi �a parle ?

En 2323 points, on assiste � l'inventaire d�taill� de dizaines de meurtres, viols et s�vices sexuels. La froideur de la construction sert �videmment � montrer la m�thodologie d'un serial killer qui ligote, tranche et p�n�tre ses victimes selon des r�gles qu'il s'est donn�es. En effet, l'esth�tisme du crime compte autant que l'amour que le tueur porte � ses victimes.

A l'image d' American Psycho de Breat Easton Ellis, livre clochardo-culte, puis de Fight Club (David Fincher, 1997), film basto-culte, Il entrerait dans la l�gende parle bien plus de pr�carit� que (presque) tous les Strip-Tease de France 3 r�unis. Cat�gorie p�do-culte, certes, mais dr�lerie dans le masochisme des personnages. Comme disait le subversif pr�sentateur-t�l� Jean-Pierre Foucault : "Le monde est fou".

Pourquoi on en a marre ?

Parce que ce n'est que l'�ni�me barouf issu de la vague Despentes, Houellebecq, Millet and co. Et personne n'imagine que leur �puisement pourra bient�t les emp�cher de travailler. Soumis � se justifier, tout le temps, leur boulot n'est-il pas avant tout d'�crire ? Ironie du sort, maintenant qu'Angot parle de cette fatigue dans son dernier livre (Pourquoi le Br�sil ?), tout le monde l'encense alors qu'elle reste fid�le � son syst�me d'�criture. Preuve que d'une mani�re g�n�rale, on juge davantage un objet d'�criture plut�t qu'un style.

Cas Skorecki : pourquoi c'est injuste ?

Argument r�current : Parce qu'on m�lange Dutroux et litt�rature, r�alit� et fiction. Que les accusateurs ne croient pas que les gens puissent faire la distinction.

Parce que le narrateur prend ses distances avec le personnage.

Parce que le style met en exergue la folie du h�ros.

Parce qu'on n'admet pas que de jeunes personnages puissent �tre pervers et chercher � se faire d�foncer t�te et cul simultan�ment.

Parce qu'interdire, c'est se sentir prot�g�. Et le sentiment de s�curit� est g�n�ralement si obs�dant qu'il emp�che aujourd'hui de parler.

Parce qu'on souhaite pr�server les plus jeunes de la duret� du monde qui les attend. Tout taire, c'est faire de nos futures g�n�rations des Nicolas et Pimprenelle qui ne tarderont pas � manifester des troubles d'adulescence (chanter le g�n�rique de Goldorak � vingt-cinq, c'est grave mais tout le monde s'en fout).

Parce que socialement, la sexualit� infantile n'est pas reconnue.

Demain ?

Demain, nous irons br�ler Matzneff, Nabokov et Guibert.
Demain, nous irons frapper les gentils trentenaires en Audi TT. Ils se tapent des coll�giennes du XVI�me pendant que ces derni�res se d�fendent tr�s bien toutes seules (et souvent, savent tr�s t�t ce qu'est un "levier" de vitesse).
Demain, nous irons lapider les vendeurs de bonbons. Contrairement � ce que chantait Brel, ils seront maintenant p�rissables.
Demain, nous irons tuer les petits enfants. Sans mineur, pas de risque de viols sur mineur.
Demain, nous irons revendre nos stylos. Parce que l'encre, ce n'est pas seulement dangereux quand on la boit, mais aussi quand on �crit.
Demain, nous irons tous nous faire notre propre id�e en lisant Skorecki.

Ariel Kenig



 
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