Créé l'hiver dernier à l'initiative de Pierre Leroy, le secrétaire général de Lagardère (qui avait dû pour l'occasion quitter le jury du prix Medicis dont il faisait alors partie, sa présence étant jugée "incompatible"avec la présidence d'un tel prix), le prix des prix littéraires vient de récompenser Limonov. Emmanuel Carrère est ainsi le premier lauréat de ce prix visant à récompenser le meilleur ouvrage primé par les huit grands prix littéraires de fin d'année : Académie Française, Décembre, Femina, Flore, Goncourt, Interallié, Medicis, Renaudot. En l'occurrence cette année, le Renaudot. Tant mieux pour Carrère. A voir toutefois si la littérature sort gagnante d'une telle inflation du nombre de prix, déplaçant la compétition non plus tant entre les écrivains mais entre les jurys et leurs membres...
Qui n’a pas déjà séché sur un cadeau avant de se jeter, soulagé, sur le premier bandeau rouge venu en librairie ? L’assurance d’un succès ? Pas si sûr.
Dans la foulée du Goncourt, c'est le jury du Renaudot qui a rendu publics les noms de ses lauréats. Et c'est Emmanuèl Carrère qui a été distingué pour l'ouvrage qu'il a consacré au sulfureux et provocateur Limonov (POL). Il l'a emporté au deuxième tour par six voix contre quatre pour Sylvain Tesson et son Dans les forêts de Sibérie (Gallimard).
A noter par ailleurs que Gérard Guégan a été récompensé dans la catégorie essai pour Fontenoy ne reviendra plus (Stock) et que Linda Lê s'est vue atttribuée le Renaudot poche pour A l'enfant que je n'aurai pas (NIL, collection "Les affranchis").
Source: Livres Hebdo
Emmanuel Carrère dresse, via le récit de la vie trouble de l'écrivain Edouard Limonov, un portrait sensible du quotidien russe depuis la seconde guerre mondiale. Une histoire dans l'histoire, captivante.