Les héros de James Lasdun, auteur anglais discret dont deux romans ont été publiés récemment par Gallimard, ont pour point commun ici de connaître à un instant T un certain flottement, une retenue avant évènement comme un nageur retenant sa respiration avant de plonger dans le gouffre s’agitant sous ses pieds. A vrai dire, l’évènement n’a pas toujours lieu, il n’est parfois que l’idée de lui-même, l’impression que quelque chose qui aurait pu advenir a passé. Ainsi cet homme venant de tromper sa femme et qui hésite à se débarrasser de son numéro, seule preuve compromettante mais tentante à laisser traîner. Ou cette femme divorcée, visitée par son voisin très indélicat, qui se venge à sa façon. Ou encore ce jeune prof de guitare pour enfants fortunés, qui réalise à son grand dam qu’il a été en fait testé comme potentiel prétendant pour la demi-sœur de ses élèves, etc.
James Lasdun s’amuse de ses personnages, souvent « installés », souvent persuadés de leur bon droit, soudain ébranlés par le fameux petit grain de sable. De ceux qui pourraient déclencher une tempête et qu’on décide – ou pas – de ramasser.
Ça commence à faire mal
James Lasdun
Traduit de l’anglais par Pierre Charras
Ed. Jacqueline Chambon
286 p. - 21,80 €

Ah ! L’été ! Période idéale pour le format court, les nouvelles qu’on peut savourer entre deux baignades… Attention toutefois, il faut se méfier de celles de Ça commence à faire mal, plus cinglantes que ne le laisse penser la tranquille apparence de