Zone Littéraire: Chroniques et actualité littéraire

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Chroniques (846)

Les chroniques de Zone

La découverte d´un auteur n´ayant pas encore été traduit en France est toujours un moment excitant pour un lecteur. Avec Sylvia, de Leonard Michaels, on percute direct : un style, une atmosphère de drame planant sur des personnages dévastés et dévastateurs, un New York vintage.... Tout est dit. Ou presque.
Saturday, 30 January 2010 18:22
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Que se passe t-il dans l’esprit d’une personne qui devient « folle » ? Peut-on essayer d’explorer, voire d’apprivoiser ce qu’on appelle communément la folie ? Dans son dernier ouvrage, Michael Greenberg s’éloigne du romanesque et se tourne vers l’intime, à cœur ouvert. Mais sans jamais sombrer dans le pathos…
Sunday, 24 January 2010 22:56
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2009, c'est l'heure du bilan ! Avant de se jeter à corps perdus dans les romans de la rentrée 2010, qui s'annonce plus excitante et pointue que celle de septembre, Zone revient sur les premiers romans qui ont marqué la fin de l'année 2009. François Beaune, Camille Bordas, David Boratav, Thiery Mattéi, Jocelyn Bonnerave, Catherine Chantilly... Tous différents, tous talentueux. Les chroniqueurs de Zone sont allés à leur rencontre.
Tuesday, 29 December 2009 11:59
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Thierry Mattéi dresse un portrait désenchanté et émouvant de la génération perdue des années 80 et 90. Bienvenue dans un road movie intime, musical et mystique.
Tuesday, 22 December 2009 22:16
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Confrontation tragique entre un professeur de philosophie érudit et terne, et une jeune serveuse aguicheuse et inculte. Ou quand le désir dévaste l’intelligence et la raison d’un homme.

Boue est le récit de la rencontre entre Benito Torrentera, cinquantenaire fauché et Flor Eduarda, jeune femme sexy et inconséquente. Après seulement quelques vagues échanges à la supérette du coin où travaille Eduarda, celle-ci se pointe un soir chez Benito en lui demandant l’hospitalité pour quelques jours. Le professeur, noyé dans la solitude et la frustration, l’accueille sans poser la moindre question. Ce n’est qu’au bout de quelques jours qu’elle avoue un vol et un meurtre. Benito voit immédiatement dans cette situation l’occasion de sortir de sa vie monotone et d’asservir la jeune femme. Et décide de s’enfuir avec elle. Ce départ nécessite un peu d’organisation. Qu’à cela ne tienne, Benito en profite pour convoquer les personnages qui ne vont plus quitter sa nouvelle route. Tout d’abord son frère, Esteban, homme politique corrompu, mais fidèle à sa famille et à sa religion. Il fournit de faux papiers à Eduarda. Puis il y a Artemio, figure de l’intellectuel loufoque, et sa compagne – mais également cousine – Copelia. L’étrange couple vend sa voiture à Benito, mais décide de s’associer au projet de road trip à travers le Mexique.

Diderot aurait-il bu trop de mezcal ?

Dans ce roman, Guillermo Fadanelli s’interroge sur la place de l’intellectuel dans un pays où l’instruction ne fait pas loi. Il oppose la culture (limite pédante) de Benito et d’Artemio à la corruption d’Esteban et de la police mexicaine. Est également évoqué le rapport entretenu par l’écrivain avec son public. Non sans humour, le narrateur pose à plusieurs reprises la question de l’ennui que son récit doit susciter car « dans le cas peu probable où existerait quelque stoïque disposé à supporter cet ouvrage, ce ne pourrait être que [sa] mère. » Il joue avec son lecteur à la façon d’un Diderot dans Jacques le fataliste. Quant à la relation quasi incestueuse entre le vieux pervers et la jeune ingénue, elle n’est pas sans rappeler Lolita. Mais là encore, l’auteur prend le contre-pied d’une référence évidente et choisit de faire le récit de la passion d’Héloïse et d’Abélard, le vieux philosophe et sa jeune disciple. Et il semblerait que pour éviter de subir le même destin qu’Abélard (la castration), Benito décide de ne pas instruire Eduarda. Car Fadanelli parle du désir qui ne résiste pas au raisonnement ni à l’éducation. L’une des dernières phrases du professeur est précisément « les études ne tuent pas les passions. » Résultat de la passion du vieux et laid Benito pour la jeune femme : la taule pour un meurtre qu’il n’a pas commis.

Cet enfermement permet au narrateur de réinventer son histoire en laissant libre cours à ses fantasmes pervers. La boue, c’est ce qui s’infiltre à travers les rainures des pneus de la voiture, mais c’est aussi ce qui excite Benito. Sa jouissance nécessite de se rouler dans la fange, de s’avilir. À travers son double fictionnel, Fadanelli, avec un réalisme clinique, nous tend un miroir où se reflètent nos plus pitoyables travers.
Wednesday, 02 December 2009 14:49
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Stéphane Velut / Cadence
Etre neurochirurgien est-il un atout pour disséquer les âmes ? La Cadence de Stéphane Velut tend à prouver qu’entre suture et culture, la rime est suffisante.
Qu’un premier roman puisse convoquer en un « mash-up » abouti les poupées bizarres d’Hans Bellmer, l’autonarration précieuse de Stephan Zweig, l’entomologie délirante de Franz Kafka, a quelque chose d’exceptionnel. Et que l’auteur en question pratique la mystérieuse profession de neurochirurgien ajoute certainement au goût métallique de Cadence. Surréaliste, psychanalytique et un rien pervers, le roman mange à tous les râteliers de l’étrangeté. Et pour parfaire la parure extrême de l’auteur, ce huis-clos se déroule en 1933, au moment de l’éclosion du national-socialisme, décrite aux arrière-postes de son roman en reflet poisseux de la chute de son héros. Dans Cadence, Hitler ne beugle que dans le poste et le bruit des bottes est étouffé par le brouillard. L’oppression des juifs n’est pas le propos de Cadences, juste le bruit de fond idoine au calvaire décrit dans son roman. Mais revenons à nos moutons noirs. Bardé de références culturelles comme un général russe de médailles, l’imberbe Velut met en scène une histoire faite de symboles poids Welter sous une plume lourde/légère. Entendre : parfois empesée mais qui se sait aussi se faire délicate et gracieuse dans la douleur. Car douleur il y a. Son anonyme héros, un peu « snuff » avant l’heure, décide de réaliser un chef d’œuvre : créer de toutes pièces le sujet parfait avec l’aide d’un ami prothésiste – au nom étrange de Troost – et d’une jeune fille prépubère dont l’identité restera cachée. Profitant d’une commande officielle d’un certain Adolf Hitler, pour une toile dépeignant, comme il se devait à l’époque, l’Allemagne-éternelle-transfigurée-par-la-jeunesse-carmin-d’une-fillette-de-souche, l’artiste contrefait se met enfin à créer sa poupée, sa chose, son golem mécanique.
Pantin pervers
Etant donné l’appétence moyenne des nazis pour l’art « dégénéré » des Max Ernst et autres Klee, Kokoschka ou Kandinsky – et donc à plus forte raison pour le fétichisme tendance sadique que développe le peintre de Cadence – on se doute que la démarche est plutôt risquée. Pourtant, et sans déflorer l’intrigue, l’entreprise se sabordera de l’intérieur dans une bouffée délirante aigue très kafkaïenne. On sera gré à Stéphane Velut de ne pas avoir trop insisté sur l’allégorie balourde qui consiste à comparer les dérélictions de l’Allemagne aux mains du Führer et celle de l’innocent modèle torturé par la frustration de l’artiste raté. La ficelle eut plutôt ressemblé à une corde à nœuds. Mais Cadence est empreinte d’une telle brume psychotique que cette folie parait gratuite. Inhumanité, écoeurement, réclusion sont les trois mamelles de ce premier roman esthétiquement risqué. Pas de politique, pas de parabole, pas de dénonciation, pas d’autofiction… Rien que la geste littéraire. Au souvenir de certains passages, le métal court sous la peau. Malgré une certaine complaisance, le pacte avec le malin Stéphane Velut est donc rempli. Les peurs primales de la cage, du contact dur du fer sur la peau, de la monstruosité, de l’enfermement font leur office : Cadence comprime doucement la cage thoracique.
Laurent Simon
velutEtre neurochirurgien est-il un atout pour disséquer les âmes ? La Cadence de Stéphane Velut tend à prouver qu’entre suture et culture, la rime est suffisante.
Monday, 09 November 2009 16:04
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Irlande, 2007. Politiquement, la paix semble installée. Mais un siècle de conflit ne s’efface pas sans séquelles ni victimes collatérales. Sous l’angle de l’intime, jalonné de révélations dignes d’une enquête policière, ce roman dévoile un passé douloureux où la religion n’est pas toujours un guide…
Monday, 09 November 2009 00:01
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beigbederJ'aime beaucoup Frederic Beigbeder et je n'ai pas attendu le Renaudot pour cela.
Sunday, 08 November 2009 23:10
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